mardi 14 juillet 2009

Dans ce qui me reste d'humain

Il y aurait tout ce qui dans les mains des autres deviennent déchets
Il y aurait des malaises et des envies
Il y aurait une bonne part d'orgueuil et puis certains ennuis
Il y aurait l'incapable et l'échine pliée de la défaite
Il y aurait l'animal castré, la violence sous-jacente et ses romances blessés
Il y aurait de vieux papiers qui goûtent la gomme balloune et de pleines bouteilles sans fond

Il y aurait tout ce qu'on trouve pour se détruire
Des nuits à se nuire, des nuits à partir
Il y aurait la fuite et le complexe
Il y aurait l'ennuie et la pluie
Il y aurait des fleurs fannés
Des chapeaux circoncis
Des colombes ailés
Et des belles sans ailes

Dans ce qui nous restes d'humain on retrouve un vieux texte. Et on se rend compte que la vie est circulaire et qu'on tourne en rond. On cherchera bientôt à briser les chaînes et on espère que ça ne fera pas trop mal. On fera tout ça pour s'engager dans un autre cirque et se tapper la grande-roue en mode repeat. C'est ça la vie qu'on m'a dit...


Ze olde scribblings

J'ai, pendant un certain moment trouvé que le temps était long. J'ai même voulu courir pour oublier. Parce que quand on court, on se fatigue vite, on a le vent qui nous siffle aux oreilles et puis, surtout, on a l'impression de fuir. Qu'importe la direction, qu'importe les souliers, courons ; et courons vite... Malheureusement, un jour, on se regarde les souliers et si l'on se rend compte qu'ils sont usés, on se rend aussi compte qu'ils n'ont pas voyagés. Alors que de courir forcément ; on voyage.
Faut avoir le sens de l'observation par contre pour se rendre compte de son immobilité, et un sens de dingue. Faut voir qu'il y manque les quelques grains de sable du Caire, la boue d'Australie et les quelques brins d'herbes qui viennent avec les prés irlandais (mais surtout, faut voir dans l’ensemble qu’ils n'ont pas été tâchés par la pollution des grandes villes, ni le sang des bagarres). On regarde alors devant soi. On avait pourtant les yeux droits devants tout le long de l'effort... On voyait, pourtant, on savait.
Mais non. Il se trouve que devant soi tout ce qu'il y a c'est un mur blanc. Celui de sa petite chambre trop chaude et dénudée, parce qu'avant de partir on avait tout bien rangé et empaqueté. Les paquets traînent toujours, avec une couche de poussière en prime. On se touche, parce que, non, ce ne peut être nous. On était rendu en Ethiopie et on avait faim, ou en Nouvelle-Guinée et les bananes étaient mûres, on allait manger. On ne sait plus trop. Le seul savoir qui nous revient, petit à petit, c'est celui de l'épiderme. Il nous envoie quelques signaux. Il est vivant, et surtout, est là pour confirmer quelque chose d'horrible : c'est bien toi. "C'est bien toi" qu'il me dit le salaud. On aurait voulu l'écraser, le mettre à off et continuer. On peut plus, on peut pas : la certitude nous sublime, elle est là, on la sent dans nos tripes qui gargouille et qui ronge le peu de courage qu'on avait. On vient de courir sur place et c'est comme si on avait perdu le sprint aux Olympiques. Sauf que ça s'appel plus les Olympiques, ça s'appel "la vie" et on se sent seul sur la ligne de départ. Loin du peloton, loin de ceux qui traînent de la patte aussi, les caméras n'ont même plus la force de nous filmer. « Ça fait un baye qu'on parle plus de moi aux nouvelles alors, et surtout, les présentateurs, z'ont oublier mon nom… » Alors que non, moi, je me rends compte. J'avais un nom et je le retrouve, avec toute l'amertume qui l'accompagne.
Mais ne vous en faites pas, on a quelques moments d'espoirs où l'on recommence à faire les barjots et à foncer à toute allure. Des moments bons à donner des entorses ; oui.

Un jour, par contre, on se rend compte qu’à force d’attendre que le monde se plie à nos désirs, que le sol sous nos pieds se transforme en celui de l’Ethiopie (ou de la Nouvelle-Guinée, on ne sait plus), on se rend compte qu’avant de courir, il faut marcher.
Marcher, ouvrir la porte de sa chambre et sortir. Et alors, s’essayer à courir…parce qu’après tout, c’est peut-être tout simplement pas notre truc.

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